Attaque du chat sauvage

Premier weekend end dans notre nouvelle maison.
C'était un de ces matins parfaits où je me lève avec une sensation de bonheur absolu, en me disant que j'ai  de beaux enfants, un super mari et une fabuleuse maison.
Je descends fièrement l'escalier somptueux de notre maison 130. Mon regard balaye la pièce centrale avec satisfaction…. Et revient se poser sur le tapis où trône une immonde crotte marron foncée !
Sursaut d'indignation !!!
Au même moment, une ombre fauve traverse la salle à manger.
Je me précipite à sa poursuite et découvre un chat fou en  train de monter aux moustiquaires et aux rideaux, les oreilles rejetés, les yeux exorbités et crachant rageusement.

Je hurle « Maaaaaaaaaaarcooooooooooo, y'a un chat sauvage dans la maison. »
J'entends Marco se lever avec fracas
Je cours ouvrir la  baie vitrée afin que le chat  dispose d'une sortie…mais cet abruti de chat monte les escaliers.
Je hurle « Maaaaaaaaaarco, le chat va crever les yeux des enfants ! »
Le chat redescend aussi vite qu'il est monté (on se demande pourquoi ?) et trouve enfin la sortie !
 Alors une pensée sinistre m'envahit … je me précipite vers notre  jambon sec : celui que j'ai choisi avec amour dans un Carrefour du 94, celui qui a fait 2 mois de bateaux, qui a résisté à la chaleur et qui est arrivé indemne à bon port !
Il a été odieusement entamé par le chat !
Je suis folle de rage !
Je hurle « Maaaaaaaaaaaaarcoooooooo, le chat a bouffé le jambon ! »
Marco apparaît dans l'escalier et regarde d'un air outré la crotte de chat « qu'est ce que c'est ? ».
Moi « ben tu vois, c'est ce salopard de chat. Tu ramasses ? »
Lui « pourquoi moi ? »
Moi « parce que   moi, je ne peux pas !!! ».
Pendant ce temps, je mène mon enquête et découvre que le chat a réussi à décoller la moustiquaire de la cuisine pour entrer.
Dégouté, Marco ramasse la crotte et découpe les parties du jambon mangées par le chat !
Voilà, c'était notre premier Samedi à la nouvelle maison.
JE HAIS LES CHATS INDIENS !

Les effets de la mondalisation

Pour un Français moyen, la mondialisation signifie les délocalisations d'emplois et l'invasion du marché Européen par les textiles chinois …… Et pourtant, j'ai pu constater que le phénomène de mondialisation fonctionnait dans les deux sens.
La preuve :

  • Nestlé est omniprésent sur le marché indien. Dés que vous cherchez du lait ou des yaourts pasteurisés, c'est l'une des seules marques disponible.
  • Tout magasin vendant des produits occidentaux (et notamment les enseignes « Health & beauty ») affichent fièrement des stands « L'oreal ». Les prix sont très élevés pour le marché indien et largement supérieur au principal concurrent américain « Revlon ». Mais les indiennes de la classe moyenne sont prêtes à payer ce prix … parce qu'elles le valent bien ! Et surtout parce que les minuscules packagings rendent les prix plus accessibles!!
  • Les magasins et les marques de cuisine italienne ont envahi Bangalore et tout indien aisé se doit de présenter une cuisine conçue selon les standards italiens (mais parfois, ils font de grosses boulettes : j'ai vu une maison superbe avec cuisine américaine et un îlot central de cuisson …. Mais sans hotte. Quand on sait que la base de la cuisine indienne est l'oignon frit …. Bonjour les odeurs !!!!)
  • Les laboratoires pharmaceutiques sont également très présents : en allant à la pharmacie pour acheter une crème pour piqûre d'insectes, le pharmacien m'a refilé un tube estampillé « Aventis ». Et dans le cabinet du pédiatre trône un calendrier « Sanofi Pasteur ».
  • Pampers est le leader sur le marché de la couche (suivi de loin par huggies) et propose des prix supérieurs aux prix européens, ce qui est énorme pour le consommateur indien ! La norme sur le marché reste la couche lavable (vous savez, le carré de coton qu'utilisait nos grands-mères !) ou le cul nu !
  • Lafarge s'attaque au marché florissant de la construction en vendant des tuiles. Après 1 an  de présence, le carnet de commande est déjà complet et l'usine n'arrive déjà plus à produire les énormes stocks demandés.
  • Mon plus grand étonnement a été de voir affiché dans tous les restaurants « ticket restaurant » ou « sodexho » !!! La valeur faciale du ticket restau est ici de 10 à 25 roupies (sachant que 1 € = 50 roupies, ça vous donne une idée du niveau de vie.)
  • Le centre commercial « The forum » (le temple de la consommation à Bangalore : 4 étages superbes et 13 cinémas !!!) présente une multitude d'enseignes internationales telles que « united colors of Benetton », « nike », « zwaroski », « Bose ».

Bref, tous ces exemples vous démontrent que les enseignes ou multinationales ont bien compris l'intérêt de pénétrer le marché indien (2nd marché en terme de population après la Chine).
Le pouvoir d'achat est encore faible et les consommateurs se limitent à une petite classe aisée ou une classe moyenne en très forte croissance, surtout dans une ville comme Bangalore.

Une arrivée impromptue…qui fracasse une porte

J'ai rendez vous avec une française de passage à Bangalore.
Après notre rendez-vous, je lui propose de passer à Palm Meadows pour voir notre maison et découvrir le quartier.
Arrivé au bout de notre rue, je vois 2 camions garés devant chez moi.
Un doute m'assaille : serait-ce notre container ?

Méfiante, je demande au  Chef (en inde, il y a toujours un chef !) ce qu'il se passe.
Ravi, il me répond : « mais Madame, ce sont vos effets personnels ».
Moi : « oui mais personne ne m'a prévenue, je n'étais pas censée passer à la maison aujourd'hui »
Lui : « mais ce n'est pas grave Madame, nous aurions attendu toute la journée et serions revenus demain ».
Soupir consterné, je fais le calcul mental du coût de revient de la journée perdue (à noter que 10 déménageurs sont assis par terre en train d'attendre !).
Soupir suivi d'un instant de panique : je n'ai pas mon super fichier Excel qui liste tous les cartons avec le contenu et la pièce de destination.
Je demande au chauffeur d'aller chercher le fichier magique au bureau et dans le même temps je SMS à Marco.

Marco sort d'une importante réunion avec la RH  pour aller imprimer mon fichier.
Afin d'optimiser son déplacement, il s'arrête aux toilettes et, au moment de ressortir, il découvre que la porte est bloquée !
Il monte sur la cuvette pour voir si quelqu'un est là : personne ! Il appelle…aucune réponse ! Continuer la lecture

Une inflation galopante…sur les machines à laver

Depuis plusieurs jours, je fais des repérages d'électroménager… dans l'espoir de trouver un jour une maison !
Enfin après voir signé la N° 130, je peux enfin aller acheter le frigo, le lave linge et le micro onde.
Je connais bien évidemment les prix par cœur (les lecteurs qui me connaissent bien savent pertinemment que j'ai fait un super benchmark dans plusieurs magasins et auprès de toutes mes copines !!)
Le vendeur de « PAI international »  me reconnaît (c'est ma 2ndee visite !)…et miraculeusement m'annonce que le frigo bénéficie d'une promo spéciale de 1000Rs (environ 20 €) aujourd'hui !
Par contre, il propose un prix pour  le lave linge supérieur de 5000 Rs (soit 100€ !).
Je le regarde et lui demande de vérifier le prix. Il revient  et m'annonce le même prix.
Je lui dis qu'il fait erreur… il déclare alors, triomphant, que Samsung a augmenté les prix depuis ce matin.
Je commence à m'énerver et lui demande s'il me prend pour une idiote ?!
Il part et revient avec son chef qui me tient le même discours.
Intérieurement, je fulmine… Et je ne peux pas m'énerver car ca ne se fait pas dans ce pays !
Je reste ferme et refuse de payer ce prix. Le chef me dit de choisir tous mes articles et qu'on discutera après du prix.
Je choisis, le chef du chef arrive en me réexpliquant que Samsung a augmenté ses prix dans la nuit.
Avec un sourire goguenard, je lui réponds : « puisque l'augmentation date de cette nuit, ca veut dire que le produit que j'achète était déjà en stock hier.Vous pouvez donc me faire le prix d'hier ! ».
Le Chef du chef est consterné et ne sait que répondre. Ses vendeurs roulent de grands yeux effarés !
Le chef du chef me demande alors de le suivre dans un espace isolé du magasin et m'annonce alors « entre 4 yeux » que comme je suis une cliente très maligne, il veut bien me faire un super prix !

Finalement, j'ai eu ma machine au prix souhaité. Et malgré ca, je sais que je me suis fait arnaquer !
La conversation a duré 45 mn ! Je ressors épuisée et  j'attaque mon heure de trajet pour aller chercher Tristan à l'école.
Ce genre de négociation m'épuise et  c'est ainsi chaque jour !

Enfin la maison 130 !

Maison coté jardin Fidèles lecteurs, vous vous souvenez de nos déconvenues avec la  maison 66, et vous vous doutez que  j'ai remué ciel et terre pour trouver une nouvelle maison.
J'ai donc appelé tous les agents du marché (grâce aux conseils des Mamans présentes à la sortie d'école) et j'ai visité toutes les maisons disponibles sur le marché. J'ai également appris que le premier agent par lequel nous étions passés était le plus grand voleur de Palm meadows.

La situation était tendue car nous étions dans un appartement provisoire et subissions 3 à 4h00 de voiture par jour (selon les membres de la famille). Notre container était sur le point d'arriver à Bangalore.
Notre choix s'est porté sur une première maison 285, que j'ai rejetée au moment de signer car le loyer était encore une arnaque.De visites en visites, j'ai ensuite flashé sur la maison 133, une superbe villa de plus de 300 m² mais avec un petit jardin et des pièces dangereuses pour les enfants (mezzanines, etc..).

Nous étions sur le point de la signer quand j'ai visité la 130 :

  • plus de 300 m² avec une conception des espaces « à l'occidentale »
  • Une superbe cuisine américaine avec îlot central
  • une orientation plein Sud avec un jardin acceptable
  • 4 chambres (et donc une chambre d'amis)

Nous avons donc signé cette maison sans que Marc, en déplacement en France, ne la visite.
Depuis le 1er Mars, nous habitons donc cette superbe villa et Marc n'a jamais regretté mon choix.

Stars du parc

Les 3 stars du parc En bas de l'appartement provisoire que nous habitons, il y a un parc.
Depuis notre arrivée, nous y allons tous les jours entre 16h30 et 18H00.

Depuis le premier jour, Baptiste est la coqueluche du parc : toutes les petites filles viennent lui faire des bisous et veulent le faire monter dans leur poussette de poupée … mais Baptiste est un peu lourd et il préfère chiper tous les ballons de ses petits copains.
Après une semaine passé au parc, j'ai acheté une « beyblade » (toupie utilisée dans le dessin animé des Pokemons), accessoire indispensable à l'intégration de Tristan ! Tristan a donc commencé à se faire des copains avec les tournois de toupies.
Maintenant, tous les copains ont bien compris que j'étais l'interprète officielle de et viennent régulièrement me demander de traduire des phrases…. !Voici un exemple vécu hier : Prangel vient me dire qu'il veut jouer à ‘chat' avec Tristan. Je traduis et la course -poursuite commence.Au bout d'un moment, Prangel vient me tirer par la manche et me dit en anglais « tu dois lui expliquer que, quand je l'ai attrapé, c'est lui le chat et il doit me courir après ».
Je traduis pour Tristan qui commence à le poursuivre. Bref, cet exemple illustre parfaitement la totale adaptation des enfants à un contexte linguistique différent : les copains de Tit jouent avec lui en parlant anglais et Tristan répond en Français…. Ils semblent se comprendre parfaitement sauf dans certains cas où ils m'utilisent comme traductrice.
Etonnant les enfant !!! Non ? 

Un CAP de boucher

Hier, je suis allée acheter de la viande chez « Bamburies », célèbre boucherie de Bangalore (25 ans d'existence, seule boucherie à servir de la viande fraîche et conservée selon des techniques occidentales).
Tous les expatriés se fournissent dans cette échoppe.
Le magasin ne paye pas de mine : aucune viande n'est apparente. Toute la marchandise est stockée dans d'énormes frigos crasseux. Le patriarche trône dans un coin, les yeux cachés derrière d'énormes verres correcteurs. Son fils (35/40 ans) me fait un grand sourire et me donne la liste des produits disponibles et vante la fraîcheur de sa marchandise.
Déconcertée, je lui demande si je peux voir les produits, il claque dans les mains et un sbire lui apporte un sac de bœuf (« roast beef » … c'est du steak cuit). Il m'explique que c'est pour mettre dans les sandwiches. Je lui réponds avec circonspection que les Frenchies n'achètent que de la viande crue !
Nouveau claquement de main : un sac de 1,1 kg  de bœuf cru arrive.
Je le prends, ça ne coûte que 200 roupies (environ 4 euros), soit le prix d'un paquet de coton pour les fesses de bébé (les cotons et le papier toilette sont ici un produit de luxe et coûtent plus chers que la viande !!!)
Arrivant, à la maison, j'ouvre victorieusement mon paquet de steaks, ravie de pouvoir proposer de la viande au menu de ce soir.
Avec consternation, je découvre que la pièce de bœuf est entière.
Argh… ! Instant de panique : je regarde désespérément le houseboy et la nanny qui n'ont jamais vu une pièce de bœuf entière. Ils ne peuvent pas m'aider.
Soudain, je me rappelle du boucher de Vincennes (celui de la place Diderot) et j'essaye d'imiter ses gestes.
Une bouffée de nostalgie m'envahit : les budgets de Rodamco, c'était quand même plus facile que le découpe de la pièce de bœuf.
J'aurai dû passer mon CAP de boucher, ça aurait été plus utile qu'une école de commerce !!!!
Finalement, je réussi à extraire 8 steaks superbes de cette pièce de bœuf … et je les mets au congélateur. 

C'est à cet instant que je réalise que le morceau de viande que je viens de massacrer, en Français, ça s'appelle un filet mignon … !!!
Si mon oncle, qui est boucher, m'avait vu massacrer ce filet mignon, il m'aurait transformé en saucisse !!!!!!
En tout cas, les steaks étaient drôlement tendres et Tristan n'avait jamais mangé une aussi bonne viande …même en France.

Appel à témoin : si l'un de mes lecteurs a développé la compétence « débiter des steaks dans une pièce de boeuf », merci de me dire par mail comment on doit procéder…. Ca améliorera mon quotidien !

Traverser la rue

Aujourd’hui, 3 semaines après mon arrivée, j’ai tenté une nouvelle expérience : traverser la rue !!
Ca peut paraître ridicule…. Mais traverser une rue est ici une périlleuse aventure !!

Le premier objectif est de trouver le passage clouté (traverser hors des clous est absolument IMPOSSIBLE vu la densité des voitures, motos et rickshaws).
Une fois le passage clouté trouvé (à condition de pouvoir le distinguer sous la poussière de Bangalore), il faut comprendre les règles de circulation pour enfin tenter une traversée (à noter que le  « bonhomme vert » et le « bonhomme rouge », ça n’existe pas systématiquement !).

Personnellement, je n’ai pas réussi à comprendre les règles de circulation …. J’ai alors appliqué la conduite que je préconise à Tristan tous les jours depuis qu’il va à l’école anglaise : « Si tu ne comprends pas ce qu’on te dit ou comment ça marche, observe les autres et fais comme eux ! ».
Ca a bien fonctionné pour traverser la rue !

Je pense que les Indiens ont dû trouver très exotique de voir une Européenne en talons traverser une rue boueuse pour aller au marché ! Ici, les Européennes circulent en voitures climatisées et ne traversent jamais les routes sans leur chauffeur !

Recherche maison désespérement

Dés mon arrivée à Bangalore, je me suis précipitée pour visiter la maison …
En vain, l'agence était injoignable ! Grâce à la débrouillardise de Mani (notre chauffeur), j'ai pu visiter « illégalement » notre nouvelle maison …
Et ce fut une énorme déception : la maison était dans un état lamentable !!!! Tous les murs avaient été coloriées par des enfants, aucune des fenêtres ne fermait correctement (le bois ayant travaillé pendant la mousson), les salles de bain étaient complètement moisies, la cuisine n'était pas équipée et dans un standing inacceptable pour le quartier, le jardin était un champs défraîchi !

Il fait savoir que cette maison était située à « Palm Meadows », quartier le plus chic de Bangalore où les maisons sont équipées pour des occidentaux (salle de bains selon les normes occidentales, cuisines italiennes, fourniture d'eau chaude par chauffe-eau, groupe électrogène en cas de coupures de courant).
Un tel standing a un prix : des locations environ 2 à 3 fois supérieures au marché !Les prix annoncés sont très supérieurs à des prix parisiens.
La maison N° 66 n'était pas du tout conforme à ce standing, nous nous sommes donc fait gravement arnaquer (Marco avait signé sans la voir !).

Nous avons donc décidé de nous lancer à la recherche d'une nouvelle solution : j'ai passé des matinées à visiter des maisons à des prix débiles … les agences sentant que nous avions la pression ! A ce jour, j'ai fait plusieurs propositions et j'attends des réponses… Notre container arrive à la fin de cette semaine…La situation est serrée !

En plus, en Inde, les baux sont négociables tous les 11 mois et le propriétaire peut fixer unilatéralement le niveau loyer (genre, vous payez 20% supplémentaires ou vous partez).
Une chose est certaine : je ne suis pas prête à poser mes valises !!!Je peux statistiquement déménager tous les 11 mois.