Jour férié impromptu

Le 2 novembre, c'était la reprise de l'école après de très longues vacances !
Jeudi matin, j'ai donc réveillé Tristan, je l'ai habillé, amené au bus….et pas de bus !!

Tous les enfants de Palm Meadows attendaient le bus en uniformes….et nous avons fini par apprendre que le « Chief Minister of Karnataka » avait décidé dans la nuit d'accorder un jour férié supplémentaire !

Baptiste est allé à l'école…qui était également fermée…et est rentré à la maison !
L'événement est typique de l'Inde : un fonctionnaire omnipotent décide dans la nuit d'un nouveau jour férié !
Une école internationale très coûteuse est incapable d'informer les parents d'élèves dans les temps.

Ainsi va le monde en Inde ! Et moi, ca M'ENERVE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Résidus de castes

Bien qu’aboli en 1950 par Nehru, le système de castes est toujours présent dans les mentalités indiennes.
Par exemple, il est courant dans les annonces matrimoniales de préciser la couleur et la caste souhaitées pour le futur conjoint.

Récemment, à la piscine de Palm Meadows (le compound où nous habitons), une scène étrange s’est produite : une nounou s’est introduite dans l’eau afin de récupérer l’enfant dont elle avait la charge. Une famille indienne a fait un scandale en hurlant que cette femme n’était pas autorisée à se baigner dans la même eau que leurs enfants, qui étaient, eux, issus de la caste des Brahmanes et donc supérieurs. Ils ont argumenté qu’elle allait souiller leurs enfants car elle était sans doute intouchable ! Ils ont demandé à ce que le Club House soit interdit aux nounous !

La scène a bien sur choqué tous expatriés présents et notamment ma  copine Jayanti.

Jayanti est une Malaisienne d’origine indienne : sa famille vit depuis 3 générations en Malaisie. Elle m’a alors avoué qu’étant donné qu’elle était typée comme une Indienne, les familles locales lui demandaient souvent de quelle caste elle était issue. Elle n’en sait rien (et ne veut pas le savoir car un tel système la révolte) et m’a dit que la plupart des familles ne lui adressaient alors plus la parole et lui signifiaient clairement leur supériorité !
J’ai alors compris pourquoi Jayanti (qui est arrivé en expatriation içi quasiment le même jour que moi) souffrait tant en Inde. Elle est totalement rejeté par les familles  Brahmanes de Palm Meadows alors que moi, en tant qu’expatriée européenne, je suis simplement ignorée ! 

Il faut savoir que Jayanti a aujourd’hui toutes ses amies dans la communauté Française, Singapourienne ou Coréenne. Elle n’a pas d’amies indiennes alors qu’elle parle couramment Tamil.

Ainsi va le monde en Inde …….

PS : les connaisseurs de Spirale Dynamique verront dans cette anecdote une manifestation du vmème BLEU.
Ceux qui ne connaissent pas le modéle peuvent en avoir un aperçu en cliquant sur le lien avec Integral Personality Blog

Les effets de la mondalisation

Pour un Français moyen, la mondialisation signifie les délocalisations d'emplois et l'invasion du marché Européen par les textiles chinois …… Et pourtant, j'ai pu constater que le phénomène de mondialisation fonctionnait dans les deux sens.
La preuve :

  • Nestlé est omniprésent sur le marché indien. Dés que vous cherchez du lait ou des yaourts pasteurisés, c'est l'une des seules marques disponible.
  • Tout magasin vendant des produits occidentaux (et notamment les enseignes « Health & beauty ») affichent fièrement des stands « L'oreal ». Les prix sont très élevés pour le marché indien et largement supérieur au principal concurrent américain « Revlon ». Mais les indiennes de la classe moyenne sont prêtes à payer ce prix … parce qu'elles le valent bien ! Et surtout parce que les minuscules packagings rendent les prix plus accessibles!!
  • Les magasins et les marques de cuisine italienne ont envahi Bangalore et tout indien aisé se doit de présenter une cuisine conçue selon les standards italiens (mais parfois, ils font de grosses boulettes : j'ai vu une maison superbe avec cuisine américaine et un îlot central de cuisson …. Mais sans hotte. Quand on sait que la base de la cuisine indienne est l'oignon frit …. Bonjour les odeurs !!!!)
  • Les laboratoires pharmaceutiques sont également très présents : en allant à la pharmacie pour acheter une crème pour piqûre d'insectes, le pharmacien m'a refilé un tube estampillé « Aventis ». Et dans le cabinet du pédiatre trône un calendrier « Sanofi Pasteur ».
  • Pampers est le leader sur le marché de la couche (suivi de loin par huggies) et propose des prix supérieurs aux prix européens, ce qui est énorme pour le consommateur indien ! La norme sur le marché reste la couche lavable (vous savez, le carré de coton qu'utilisait nos grands-mères !) ou le cul nu !
  • Lafarge s'attaque au marché florissant de la construction en vendant des tuiles. Après 1 an  de présence, le carnet de commande est déjà complet et l'usine n'arrive déjà plus à produire les énormes stocks demandés.
  • Mon plus grand étonnement a été de voir affiché dans tous les restaurants « ticket restaurant » ou « sodexho » !!! La valeur faciale du ticket restau est ici de 10 à 25 roupies (sachant que 1 € = 50 roupies, ça vous donne une idée du niveau de vie.)
  • Le centre commercial « The forum » (le temple de la consommation à Bangalore : 4 étages superbes et 13 cinémas !!!) présente une multitude d'enseignes internationales telles que « united colors of Benetton », « nike », « zwaroski », « Bose ».

Bref, tous ces exemples vous démontrent que les enseignes ou multinationales ont bien compris l'intérêt de pénétrer le marché indien (2nd marché en terme de population après la Chine).
Le pouvoir d'achat est encore faible et les consommateurs se limitent à une petite classe aisée ou une classe moyenne en très forte croissance, surtout dans une ville comme Bangalore.

Le dodelinement

Chez les indiens le ‘dodelinement’ est un art qui s’acquiert dés la petite enfance (j’ai vu des tout petits de 2 ans dodeliner au parc !) qui consiste à remuer la tête d’une manière qui ne veut dire ni oui, ni non.
Un néophyte se dit, au premier abord, que l’indien lui dit « oui ». Erreur !!!!
Il y a plusieurs types de dodelinement qu’il faut savoir interpréter !

Généralement, plus les indiens sont éduqués et au contact d’occidentaux, moins ils dodelinent.
Plus on descend dans les classes sociales et plus le dodelinement est répandu  et signifie que l’interlocuteur n’a rien compris.
Alors plutôt que dire non ou faire répéter, l’indien dodeline et son interlocuteur est ravi de son acquiescement.
Toutefois, l’interlocuteur se met en colère quelques temps plus tard car ses consignes n’ont pas été exécutées !!!
Dans 90% des cas, le dodelinement souriant signifie que vos paroles ont été TOTALEMENT INCOMPRISES. Il faut donc reformuler jusqu’à l’obtention d’un dodelinement enthousiaste accompagné d’un ‘Yes ‘ franc et massif .

Parenthèse énnéagramme : le dodelinement est typiquement « 9 ». En effet, il s’agit d’une défense remarquable pour un individu qui laisse son interlocuteur interpréter ce qu’il a envie : le conflit est ainsi systématiquement évité puisque l’interlocuteur comprend ce qui lui fait plaisir (exemple de mon histoire avec le douanier !).
Le problème, c’est que cette attitude  peut déclencher de gros conflits à retardement, mais n’est ce pas la fatalité des 9 ?