Visites des grands parents !

Les grands parents sont en visite à Dubaï : Tristan est ravi et Baptiste fait son sauvage en me collant aux basques.
Hier nous avons passé la matinée à la plage de Jumeirah Beach Park (vous pouvez voir que Tristan est presque aussi grand que son Papy). sur la plage de Jumeirah
L'eau était à une température trés agréable.

Aujourd’hui, nous sommes allés à Mall of Emirates voir la fameuse piste de ski. Ginette et Jacques ont totalement hallucinés face à la taille du Mall…
Il est certain que ça les change de la Nièvre !!!!

 

 

 

 

 

 

 

 

PS : oui je sais Laetitia, l'horizon n'est pas plat sur la photo! Je n'y pense jamais !!!

Enfant de la troisième culture

J’ai fait un aller retour à Paris pour suivre une formation de 48h00.
L’été dernier, lors de mon séjour à Paris, je m’étais dit : « Paris c’est chez moi » ; cette fois l’impression a été tout autre !

Je vous livre mon ressenti : Paris est gris, triste, morose. Dans le métro et le RER, les gens sont habillés tout en noir, gris ou marron….même qu’avec mon manteau rouge et ma frimousse bronzée, j’ai l’air d’une extra terrestre !
Un rail est cassé à la station Chatelet, alors je mets une heure et dix minutes pour faire Roissy – La Défense. Pfft, c’est chiant le métro !
Et puis tout est sale –et là, je réalise que j’ai perdu mes références indiennes car, avant, je trouvais le métro et Paris extraordinairement propre !
Le centre commercial des 4 temps, que j’ai eu l’occasion de traverser et de redécouvrir (j’ai travaillé 3 ou 4 ans à la Défense….il y a longtemps) est tout beau et rénové (mais il est tout minus et crados par rapport à un centre commercial Dubaîotte).
Je m’arrête chez Séphora (l’une des rares enseignes non représentée à Dubaï) et je suis effarée par le nombre de produits proposés pour un même usage. Comment peut-on proposer autant de choix ? En quoi ces produits sont-ils différents ? J’avoue que cette folie consommatrice m’échappe (ça doit être un reste positif de l’Inde !!).

Le lendemain matin, je me rends dans le 12ème, place Daumesnil pour récupérer ma carte bleue à la banque. J’effectue à pied et avec plaisir le trajet entre Nation et la place Daumesnil, j’ai fait ce trajet des milliers de fois (j’ai habité cet endroit pendant 4 ans).
Rue Jaucourt, je revois l’échographe qui me suivait lorsque j’attendais les garçons, puis je passe devant la rue qui mène à la maternité, puis devant la boulangerie, la pharmacie, je m’attarde devant tous les commerces de l’époque, le bébé cash , etc…. C’est reposant de constater que certaines choses ne changent pas et que certains quartiers ne sont pas atteints par la fièvre des travaux.
Un seul changement pourtant: l’immeuble qui faisait l’angle de la rue de Santerre et Rue de Picpus a été rasé !
Je passe devant la rue qui mène à mon ancien appartement …et je me dis que, finalement, mon vrai chez moi à Paris, c’était ici, dans le 12ème. Vincennes, ce n’était pas chez moi !
Je continue à remonter la rue : tous les commerces sont intacts, j’aperçois les lions de Daumesnil. Je passe à la banque et je replonge dans le métro : mon stage va bientôt commencer, je suis presque en retard !

Pendant le temps que dure le trajet qui mène à Glacières, je réalise que ce monde (= Paris, la France) me parait émerger d’un passé lointain, comme s’il s’agissait d’une autre planète, d’une autre vie, d’une dimension parallèle.
Alors je me dis que chez moi, c’est Dubaï.
Chez moi, c’est un peu partout où les gens parlent des langues différentes, où diverses cultures vivent ensemble, se croisent, échangent ou n’échangent pas comme si tout était normal, comme si la seule référence commune était justement l’absence de références communes.

Bref, désormais, je serai toujours étrangère dans mon propre pays.
Et chez moi sera partout où L’Autre est différent (et partout où le soleil brille).
Lorsque le taxi m’a ramené à la maison (à Dubaï), je me suis dit que c’est vraiment chez moi. La vue du Burj Al arab (ma tour Eiffel locale) m’a immédiatement apporté ce soulagement que provoque la vue d’un objet ou édifice familier.
Aucune doute n’est plus possible : je suis bien un enfant de la troisième culture.
Pour ceux que le sujet intéresse, il existe un très bon livre (en anglais seulement) : Third Culture Kids de David C. Pollock et Ruth E. Van Reken qui explique les conséquences sur les enfants et les individus d’une éducation multiculturelle, c’est-à-dire hors de sa terre d’origine.

Heureusement, j’ai retrouvé en stage des gens qui parlent la même langue que moi ! Ils n’étaient pas forcément des enfants de la troisième culture mais ils possédaient tous la capacité à les comprendre ! L’impression d’être une étrangère s’est alors effacée …..