Aujourd'hui, c'était l'annonce du budget 2007/2008

Le PIB affiche une hausse de 8,6% sur un an. Le faiblesses de l'agriculture persistent et une forte inflation demeure.
La croissance de l'économie indienne a légèrement marqué le pas au troisième trimestre* 2006/2007 avec un taux de 8,6% sur un an, à cause des faiblesses de l'agriculture et au moment où le géant asiatique est confronté à une forte inflation.

En publiant ces statistiques, le gouvernement a également dévoilé son budget fédéral pour l'année 2007/2008. Une enveloppe de 154 milliards de dollars destinée à doper le secteur agricole – qui fait vivre les deux-tiers du 1,1 milliard d'Indiens – et à lutter contre la hausse des prix.

"L'économie est plus solide que jamais", a claironné le ministre des Finances P. Chidambaram devant le Parlement. De fait, l'Inde, dont le produit intérieur brut pèse 850 milliards de dollars, conserve la deuxième plus forte croissance au monde parmi les principales économies, derrière son rival chinois. Mais le rythme effréné de la quatrième économie d'Asie s'est un peu ralenti: l'Inde avait affiché 9,2% de croissance au deuxième trimestre 2006/2007.

Mercredi, des analystes s'attendaient bien à une baisse de régime, mais pas à moins de 8,7%. Le gouvernement table sur 9,2% pour l'exercice annuel qui s'achève fin mars.

L'Inde, qui se rêve en superpuissance à l'horizon 2025, compte surtout sur 10% de croissance d'ici à 2012, un "chiffre magique" capable de tirer de la misère les 300 millions d'Indiens vivant avec moins d'un dollar par jour, assurent les autorités. "Une croissance plus rapide est indispensable pour une réduction plus rapide de la pauvreté", a lancé M. Chidambaram.

La croissance est alimentée par le secteur manufacturier dont la production a bondi de 10,7% sur un an, mais elle reste handicapée par une production agricole qui n'a progressé que de 1,5%. "Le principal défi, c'est l'agriculture. Tout le reste peut attendre", a reconnu le ministre des Finances, citant l'un des pères de l'indépendance de l'Inde, Jawaharlal Nehru.

Le grand argentier a promis de faire progresser les revenus des agriculteurs et d'augmenter la production agricole. Les paysans et personnes vivant en milieu rural comptent encore pour 60% de la population et constituent un vivier électoral incontournable sachant que les législatives doivent se tenir d'ici à 2009. Les agriculteurs souffrent particulièrement d'une inflation qui a atteint 6,73% début février, un record depuis fin 2004. L'envolée des prix frappe aussi les transporteurs routiers ou les petits commerçants.

Le ministre des Finances a promis davantage de dépenses publiques pour l'irrigation, la fertilisation des terres, les routes en zone rurale et une réduction des taxes sur des produits de première nécessité. Mais tous les efforts des autorités pour juguler la hausse des prix sont pour l'instant restés vains, même si la banque centrale a plusieurs fois relevé ses taux d'intérêt.

Le gouvernement a déjà abaissé les prix des carburants et se dit déterminé à résister aux poussées inflationnistes. "Nous sommes confiants dans le fait de pouvoir faire baisser cette inflation", a répété M. Chidambaram. Politiquement, la hausse des prix a déjà fait perdre au parti du Congrès, à la tête du gouvernement, deux Etats du nord de l'Inde au cours d'élections régionales ce mois-ci.

La Bourse de Bombay a mal réagi. Son indice a chuté à la clôture de 4,01% à 12.938,09 points, son plus bas niveau depuis deux mois. Bombay a aussi suivi les Bourses mondiales, inquiètes d'un ralentissement aux Etats-Unis et de l'éclatement d'une bulle spéculative en Chine.

Source : Les Echos

1 réflexion sur « Aujourd'hui, c'était l'annonce du budget 2007/2008 »

  1. Très intéressant, nous ont est loin des 8,6%. Mais avec un taux de croissance comme celui ci et l’augmentation des salaires je ne vois pas comment il peuvent juguler l’inflation (à moins de réguler les prix).

    Pour l’agriculture l’Inde est-elle autonome ou quasi alimentairement parlant ? Si non mettent-ils des taxes monstrueuses sur l’alimentaire en import ?

    Nous notre agriculture se cherche, trop productive on doit réduire les surfaces, sachant qu’à l’horizon 2020 (je crois) il faut que la production mondiale alimentaire double. C’est très con l’économie des fois.

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