Depuis toute petite, je suis fascinée par Attila, le roi des Huns.
L’été 2009, je suis tombée sur une biographie et j’ai découvert des tas de choses au sujet de la personnalité du héros de mon enfance. Je me suis alors lancée dans un travail d’analyse de sa personnalité, comme je l’avais fait pour Gandhi, quelques années auparavant.
J’ai commencé par lire deux biographies :
- Attila d’Éric Deschott
- Attila de Maurice Bouvier-Ajam
Et j’ai eu le sentiment bizarre d’avoir lu deux fois le même livre.
J’ai alors relu ces deux biographies en restant sur la même impression. Me disant qu’il était peu sérieux de baser mes recherches sur deux livres quasiment similaires, j’ai entrepris de chercher des références sérieuses au sujet d’Attila et publiés par des auteurs non français.
En prenant conseil à droite et à gauche, j’ai trouvé ce livre : le dossier Attila.
Ce livre débute ainsi : « Encore Attila ! N’a-t-on pas tout écrit sur le plus célèbre roi des Huns ? N’en a-t-on pas peint les portraits les plus contradictoires ? Que reste-t-il à dire ?
Oui, on a tout dit et écrit et souvent n’importe quoi. Il est frappant de constater que l’abondante littérature française sur le sujet ne comprend aucune biographie satisfaisante d’Attila. […] Le lecteur n’a le choix qu’entre des ouvrages qui tiennent souvent du roman historique. Ces livres qui se copient les uns les autres sont faits d’un mélange inextricable de données antiques, souvent de deuxième ou troisième main, et d’erreurs stratifiées reprises d’auteur en auteur depuis l’étude – méritoire mais dépassée d’Amédée Thierry, publiée sous le second empire. Des sommets sont atteints avec des classiques comme celui récemment réédité, de Maurice Bouvier Ajam, farci d’inventions saugrenues répercutées par divers vulgarisateurs ».
Manque de bol, le premier livre que j’ai lu au sujet d’Attila est celui d’un vulgarisateur Éric Deschott.
J’ai ensuite sélectionné le livre de Bouvier Ajam dont j’ai effectivement lu, à tort, que c’était une référence.
J’y ai bien évidemment trouvé les mêmes informations que dans le livre de Deschott qui ne fait qu’un résumé du livre précédent.
J’ai donc dû mettre à la poubelle les notes et analyses accumulées lors de ces lectures. Autant dire que j’étais verte de rage.
Longtemps, j’ai cru que les informations écrites dans les livres étaient fiables. Longtemps, j’ai cru que les produits qu’on vendait dans les magasins étaient sans risque (aliment, médicament …) Longtemps, je n’ai pas réalisé que je vivais dans un monde où tout était bon pour gagner de l’argent : vendre des médicaments avec des effets secondaires néfastes ou testé trop rapidement, vendre des aliments douteux soutenus par les lobbyings agro alimentaires… Et écrire n’importe quoi sous prétexte que cela se vend.
Bref, longtemps j’ai fait partie de ces gens crédules qui croient que les pubs à la TV sont de bonne foi et que le contenu des livres est exact.
Il y a peu de temps (moins de dix/quinze ans), j’ai abandonné mes illusions … Mais je suis quand même tombée de ma chaise en lisant cet excellent livre qui, en citant de manière parfois fastidieuse les sources d’époques, dénonce les inventions colportées au sujet du roi des Huns.
Autant vous dire que les sources sont tellement limitées qu’elles ne me permettront pas de mener à terme mon analyse, à savoir trouver l’ennéatype d’Attila !
Je ne citerai qu’un seul des mythes colportés sur sujet du roi des Huns : il a séjourné à la cour de Rome en tant qu’otage et parlait couramment latin et grec.
Ce mythe a été construit sur un simple mot d’un témoin de l’époque faisant allusion au fait qu’ Attila « vint en Italie » (sans préciser aucunement la date !)
A noter qu’on ne sait rien, absolument rien de la vie d’Attila avant 435, date de début de son règne conjoint avec son frère Bléda.
Par ailleurs, nous n’avons aucune indication fiable sur le fait qu’il ait ou non compris, parlé et lu le grec ou le latin.
Les mythes colportés au sujet d’Attila font l’objet d’un chapitre entier dans le livre de Katalin Escher et Larolav Lebedynsky.
Cet ouvrage a également le mérite de présenter le texte intégral du fragment 8 de Priscus (témoin direct de certains événements à la cour d’Attila).
Bref, je vous recommande ce livre qui déconstruit tout ce qu’on croit savoir sur le Fléau de Dieu.
« Autant vous dire que les sources sont tellement limitées qu’elles ne me permettront pas de mener à terme mon analyse, à savoir trouver l’ennéatype d’Attila ! […] Autant dire que j’étais verte de rage. »
Attila tombe à l’eau, heureusement il reste Attilette.
Bon, je sors…
Bises quand même, Fabien
PS : je suis très frustré par ce billet, moi qui attendais THE article sur Attila.
Re-bonjour Aurore ! Merci encore pour le thé marocain au pied de la station de ski ! Tu as pourtant tes théories qui tiennent la route sur Attila, non ? A défaut d’Attila, tu peux toujours faire le typage de mon héros Henry VIII d’Angleterre (je suis bien trop paresseuse pour le faire moi-même, mais j’aimerais bien que quelqu’un le fasse à ma place. Alors, 7 ou 8 ? VIII serait trop facile, mais…)
Je sors aussi, mais non sans t’embrasser fort. Bon courage pour la compta (et continue ton excellente poésie ! Tu as la rime dans la peau, je t’assure !)
A bientôt,
Laure
Hello Fabien et Laure et autres lecteurs,
PS : je suis très frustré par ce billet, moi qui attendais THE article sur Attila.
Et moi, tu crois que je ne suis pas frustrée ????
Celi dit, cela ne m’empêche pas de faire un article qui tournerait autour des sociétés BO/CP et en démontrant , encore une fois la confusion CP/8.
Mais bon, j’ai déjà écrit un article sur ce sujet !!
Tu as pourtant tes théories qui tiennent la route sur Attila, non ?
J’avais une théorie qui tenait bien la route avec des sources ERRONNEES ! Donc je peux jeter ma théorie à la poubelle !!
D’ailleurs, j’étais arrivée à la conclusion que le seul type qui tenait la route était le 3 : caméléon, problématique par rapport à l’image, s’adaptant parfaitement à son interlocuteur, présentant toujours la face qu’on attend de lui … Ceci dit, j’avais quand même un problème avec la hiérarchie des centres et des incohérences !!
En fait, les vulgarisateurs ont écrit tout et n’importe quoi au sujet d’Attila, d’où l’impression d’avoir un personnage caméléon et changeant de face en permanence.
Evidemment lorsque j’accède aux seules sources valables (et non enjolivées), le personnage perd son côté caméléon et il ne reste plus grand chose pour le typer !
Bon, il me reste encore un livre à lire (sur les conseils de Jorune)….donc il reste un espoir …. mais franchement, les chances sont faibles d’avoir suffisamment d’informations pour un travail sérieux!
Tu me diras que je suis têtue comme une mule et que c’était couru d’avance étant donné la rareté des sources ! La prochaine fois, je ferai moins ma tête de bourrique !
M’en fou, j’ai mon nouveau personnage à analyser : Sheikh Zayed! Ca fait longtemps que j’y pense !!
Quant à Henri VIII, j’ai dit que je voulais bien t’aider et co-écrire ….Mais je ne fais pas le travail toute seule !!! Allez allez, au boulot !!
Biz
Attilette
Hello Jorune,
Il est difficile d’écrire quelque chose de valable en matière d’énnéatype quand l’auteur des faits n’a rien écrit lui-même !Et oui, je suis bien d’accord !!
Priscus a été témoin direct mais son témoignage n’est pas suffisant !
Peut-être pourras tu en revanche écrire quelque chose sur les huns de l’époque d’Attila en temps que peuple ?C’est ce que je pensais faire … Mais ce n’était pas mon intention initiale, d’où ma frustration !!
Amicalement
Aurore
bonjour Aurore,
Il est difficile d’écrire quelque chose de valable en matière d’énnéatype quand l’auteur des faits n’a rien écrit lui-même ! A moins d’avoir la chance de tomber sur des témoins directs qui retranscrivent aussi fidèlement que possible les dires de leur maître (je pense à Socrate dont les paroles nous sont parvenues par Platon et Xénophon), ce qui est rare…
Peut-être pourras tu en revanche écrire quelque chose sur les huns de l’époque d’Attila en temps que peuple ?
En tout cas, bon courage…
Cordialement,
Jorune