Il ya des jours où on se dit que, dans le monde tout pourri et égoïste où nous vivons, tout n’est pas perdu, il y a encore de l’espoir et des gens bien, avec un grand cœur ou un grand professionnalisme.
J’en veux pour preuve deux exemples.
Hier soir, des petites filles sont venues sonner à la porte. Elles venaient de l’école avoisinante et faisaient une quête pour Gaza.
Tristan est venu me voir et m’a demandé ce qu’elles voulaient.
Je lui ai expliqué avec des mots simples qu’il y a des endroits dans le monde où c’est la guerre…et que parfois, on ne sait plus pourquoi les gens se battent vraiment…et qu’à Gaza, des femmes et des enfants innocents meurent tous les jours, tués par des soldats, et qu’ils ont faim, froid et peur. Que c’est comme si des soldats arrivaient au Spinneys et que, sous pretexte qu’il y a un méchant dans le supermarché, tiraient sur les gens qui font leur course.
Grand regard incrédule de Tristan…. Il se demande si je lui raconte un bobard comme Electra, Mangeroute ou les Lutins du Père Noël…Je vois bien qu’il réfléchit avec son front plissé, ses yeux pensifs.
Il s’en va. Je l’entends monter les escaliers.
Il revient et me donne un billet de 5 dirhams en disant : « c’est pour les enfants de Gaza.Je l’ai pris dans ma tirelire ».
Je suis émue : Tristan n’a qu’un seul billet dans sa tirelire, c’est celui-là.
5 Dirhams, c’est 1 euros.
C’est très peu ..Mais pour Tristan c’est beaucoup , c’est ce qu’il a de plus gros dans sa tirelire.
Il me dit alors qu’il va rejoindre les filles dans le compound pour leur donner les sous.
Il prend son casque, sort son vélo et part à leur recherche.
Il revient 15 mn après et me dit : « elles ont fini leur quête. Mais je me suis renseigné. Elles habitent à la maison 57. Tu viens avec moi ? Je n’ose pas y aller tout seul pour leur porter ce billet ».
Je le regarde émerveillée : il a pris la peine de faire sa petite enquête !!
Merveilleux Tristan qui du haut de ses 7 ans a un aussi grand cœur !
Ce matin, alors que je travaillais et on sonne à la porte. Un pakistanais de la DEWA (équivalent générale des eaux) me dit : « Madame, vous avez un énorme problème de fuites chez vous. Ce n’est normalement pas mon travail de vous informer …mais cela fait 3 mois que ca dure ! Alors je voulais vous le dire. Vous allez payer beaucoup d’argent »
J’ai du avoir le même regard incrédule que Tristan hier !
Et j’ai pensé : « Je le sais bien mon gars que ce n’est pas ton boulot les fuites « après le compteur ». Cela fait 3 mois que je me bats avec DEWA (qui me répond régulièrement que c’est après le compteur, que ce n’est pas son problème, je paye …. c’est tout…Sinon on me coupe l’eau ».
Voilà 3 mois que je fais venir la société de maintenance qui me déclare toujours après quelques vagues recherches : tout va bien pas de fuite !
J’explique l’histoire à ce Pakistanais… Qui finit par se retrousser les manches et qui me dit « bon ce n’est pas mon travail, mais je vais regarder ».
Il faut avoir vécu en Inde ou au Pakistan et connaître la culture de ces gens pour comprendre à quel point cette attitude est inattendue, inespérée.
Il retrousse les manches, il déplace des blocs en béton pour accéder au tank d’eau…bref, il mouille vraiment sa chemise (et ses manches) et il fait son diagnostic : technique et concret => je sais maintenant où est la fuite (et maintenant je sais exactement quoi demander à la société de maintenance pour la réparation).
Ce monsieur Pakistanais (qui doit être payé 3 cacahuètes pour relever les compteurs) était professionnel et sympa …C’est suffisant rare dans cette partie du monde pour mériter un article.