Ce matin, Marco et moi étions au départ des 10km de Dubaï.
Marco a réalisé un temps de 51 minutes : il se classe 39ème (sur 178) dans sa catégorie d’âge (pas mal, je suis trés fière de lui!) . Il ciblait un temps inférieur à 50 minutes mais a été content du résultat, étant donné les conditions épouvantables de la course (j’y reviendrai ci-dessous).
Quant à moi, j’ai couru en 1 heure et 10 minutes, soit 2 minutes de plus que l’an dernier. Je suis décomposée de rage!
En 2010, j’avais six mois d’entrainement derrière moi alors que ce matin, je n’avais que cinq semaines d’entrainement; mais je pensais quand même réaliser un meilleur temps que l’an dernier. Cette pensée était sans doute illusoire car j’avais couru 8km en 1h20, lors ma dernière séance de préparation. J’ai également subi le même handicap que Marco au niveau des conditions de courses.
Tout a commencé à 5h30 du matin : Marco avait mis le réveil tôt car il voulait arriver à temps et prendre le temps de s’échauffer correctement.
Je me suis levée à 5h45 ….et à 6h15, nous étions dans la voiture en direction de Dubaï Marina.
La voiture, c’était une idée de Marco : il voulait avoir ses petites affaires pour se changer.
Moi, j’étais partisante du taxi car je n’avais pas envie de stresser pour trouver une place .
Bon, j’ai lâché le morceau et suivi Marco dans son aventure ‘voiture’.
Mal m’en a pris, car, arrivés à la sortie numéro 32, un énorme bouchon empêchait l’accès à la Marina. Nous sommes restés bloqués vingt minutes sur place.
Marco était presque en panique : ‘ah mais pourquoi je n’ai pas pris une autre route’.
Moi : ‘oui ben maintenant on y est! Alors pas le peine de dire ‘et si’, on cherche une solution’.
Voyant qu’il serait impossible d’arriver à temps, nous avons décidé d’aller plus loin sur Sheikh Zayed Road (SZR) et de revenir sur nos pas … en courant!
Nous nous sommes péniblement extirpés du bouchon pour continuer sur l’autoroute.
Nous avons voulu nous garer dans le parking de Marina Mall : il était fermé.
Nous avons alors fait dem-tour en passant par Jumeirah Lake Towers où nous voulions nous garer : nous pensions traverser SZR par la passerelle du métro mais je me suis souvenue que le métro n’ouvrait qu’à 13h00 le Vendredi; il serait impossible d’emprunter cette passerelle.
Nous avons continué en direction de Dubaï, assez inquiets, car nous étions à dix minutes du départ de la course. Marco était de plus en plus nerveux….et moi aussi!
Nous sommes arrivés à la sortie 32 (mais de l’autre côté de SZR) qui était dégagée et avons réussi à tourner vers la Marina. Nous étions à quelques mètres du départ de la course et il était impossible de se garer.
Nous avons repéré un terrain vague de sable où il restait une place, occupée par un énorme objet métallique.
Marco m’a dit: » déplace ce truc« . J’ai sauté hors de la voiture et me suis donc exécutée. Manque de chance, le truc en métal pesait plus de cinquante kilos. Je me suis arrachée pour le bouger et Marco a pu se garer.
Là, j’étais dans les startings blocks pour partir (à six minutes du départ) mais Marco n’était pas habillé, n’avait pas ses baskets!
Evidemment, Marco s’est mis en slip en plein Dubaï Marina pour mettre ses vêtements de sport. C’est une manie chez lui de se changer devant tout le monde lorsqu’il fait du sport! 😉
Il trés inquiet. Alors pour le détendre, j’ai lancé : ‘Tinquiètes pas , Kumari a dit ‘God Bless You’.. Alors elle doit être en train de prier pour nous!’ Il a souri.
Moi, j’avais envie de faire pipi mais nous étions à cinq minutes du départ de la course et je savais qu’il y aurait une longue queue devant les toilettes … alors j’ai fait pipi derrière la voiture avec les tours de la Marina qui me surplombaient!!
Nous avons ensuite couru vers le point de départ …Et là, je me suis aperçue avec consternation qu’il y avait des milliers et des milliers et des milliers de coureurs.
L’an dernier, nous avions été assez indélicates avec Fatiha et nous nous étions positionnées sur la ligne de départ en enjambant des barrières.
Avec Marco, je n’ai pas osé transgresser les règles! Nous nous sommes donc retrouvés en fin de peloton. Au moment, où nous sommes passés sous le porche du start point, le temps affiché était déjà de huit minutes, c’est dire à quel point nous étions loin dans la file !!! Nous pensions même ne pas pouvoir commencer à courir tant il y avait du monde.
Il a ensuite fallu slalomer et jongler dans la foule des coureurs inexpérimentés.
Certains coureurs s’arrêtaient tout net pour refaire les lacets de leurs chaussures (ce qui est extrêmement dangereux et peut entrainer une chute du groupe), d’autres couraient sur une centaines de mètres puis marchaient. Il était impossible de tenir un rythme constant.
J’ai laissé Marco partir devant et j’ai couru à mon rythme, assez confortable, en évitant les obstacles (coureurs trop lents ou arrêtés) et en slalomant et en évitant les croche-pieds.
L’an dernier, j’étais en début de peloton et j’avais été portée par la vitesse de la foule de coureurs d’un trés bon niveau. Je n’avais donc pas subi tous ces désagréments. Là, j’étais en queue de peloton (avec les nuls).
Au début, j’étais contente car j’avais l’impression d’aller beaucoup de plus vite que les autres, tout en étant à l’aise .
Le hic, c’est qu’il vaut mieux se comparer aux bons , pas aux mauvais!
J’ai enchainé les cinq premiers kilomètres avec facilité, ravie de constater mon aisance par rapport à l’entourage.
J’ai juste eu une frayeur en arrivant au point de ravitaillement de l’eau : il était vide!! Là, j’ai eu une seconde de panique. Mais immédiatement, je me suis ressaisie et je me suis préparée mentalement à courir les 10 kilomèrtes sans eau (et j’avais sacrément chaud car il était déjà 7h45 et j’était en nage). Soudain, j’ai vu un second ravitaillement et j’ai attrapé une bouteille à la volée.
Je me suis autorisée à marcher pendant quelques mètres, histoire de récupérer au niveau du souffle. En fait, j’ai senti, par rapport à l’an dernier, que j’avais une bien meilleure puissance musculaire. Je me sentais solide sur mes appuis. Par contre, le rythme cardiaque reste mon point faible et je commençais à sentir une amorce de point de côté, signe que mon diaphragme était trop contracté.
Pendant la marche, j’ai donc fait des exercices de respirations yogiques pou détendre mon diaphragme à fond.
Globalement, j’étais contente, j’admirais le paysage, je regardais les gens, parfois je me concentrais sur mon ressenti pour vérifier que tout allait bien dans mon corps…. Je ne me rendais pas compte que j’allais trop lentement.
Je suis repartie en petites foulées mais j’ai eu du mal à trouver l’énergie car il n’y avait pas de supporters et je n’avais personne sur qui caller mon rythme : tous les coureurs devant moi avaient un rythme irrégulier.
Bref, j’ai tenu jusqu’au kilomètre 8 et puis, j’ai eu un gros passage à vide. Mes jambes étaient toujours solides mais j’avais une douleur au genou (je suis tombée en jouant à chat avec les garçons le week-end dernier et le point de chute commençait à se réveiller).
J’avais du mal à me concentrer sur mon souffle pour réguler mon rythme cardiaque.
J’ai senti une tape sur l’épaule et c’était Guillaume (le mari de Laure), j’ai accéléré pour me maintenir à sa hauteur et j’ai rapidement du décrocher car il allait trop vite. Du coup, je me retrouvais limite de la nausée.
Je savais que je n’avais plus qu’un kilomètre et demi à tenir et que ce n’était pas un problème.. mais je me sentais fatiguée. Je n’arrivais plus à créer l’énergie à l’intérieur de moi, ni à aller la chercher à l’extérieur.
Soudain, à un kilomètre de la ligne d’arrivée, un groupe de supporter avec des cornes de brumes, des sifflets m’a sorti de ma léthargie et j’ai alors accéléré, voir même sprinté sur le dernier kilomètre! Ils étaient cools ces supporters, ils m’ont impulsé l’énergie qu’il me manquait.
Et j’ai franchi la ligne d’arrivée …contente et émue mais un peu dépitée par mon temps de course.
Je savais que je n’avais pas fait un entrainement suffisant mais je pensais quand même réaliser un meilleur temps que l’an dernier.
J’ai retrouvé Marco, qui me cherchait, et qui m’a dit avoir détesté cette course car il avait trouvé intolérable de slalomer pendant cinq kilomètres entre des coureurs amateurs pour pouvoir d’extirper de la masse. Un fois qu’il a eu remonté tout le peloton, il a eu du mal à trouver l’énergie pour accélérer et rattraper le temps qu’il avait perdu.
Bref, j’ai appris ma leçon : toujours arriver très tôt pour se positionner en premier sur la ligne de départ afin d’être portée par la vitesse des ‘forts’…et de pouvoir s’aligner sur un bon coureur!
J’ai aussi mesuré à quel point, dans de telles conditions, j’allais chercher l’énergie à l’extérieur de moi !
Nous sommes allés à la voiture pour nous changer car nous étions trempés. Marc voulait repartir mais je lui ai dit que, le plaisir de cette course, c’était de voir l’arrivée du Marathon.
Nous avons rencontré Guillaume qui cherchait un taxi et nous l’avons embarqué avec nous comme spectateur.
Le premier marathonien, Barmasai, est arrivé à 2h07 : incroyable de souplesse, de facilité et d’aisance!
Marco voyait, pour la première de sa vie, en live et à dix mètre de lui, un tel spectacle. Il a été impressionné surtout par la capacité de ces champions à mettre une superbe accélération dans la dernière ligne droite …alors qu’ils courent déjà à plus de vingt kilomètres par heure !!
Les grands noms du marathon sont passés sous nos yeux admiratifs.
Lorsqu’on vient de courir péniblement dix kilomètres, on mesure mieux l’effort que représente un marathon! On ressent alors une sorte de magie à voir ces coureurs qui terminent 43 km, le sourire aux lèvres, en dégageant une impression de facilité.
Puis Marco et Guillaume ont voulu partir et moi je voulais rester pour encourager le coureur en chaise roulante : Rob Holliday.
Il est enfin apparu : j’ai ressenti la même émotion et le même profond respect que l’an dernier. Je trouve émouvant de voir cet homme, qui ne peut pas marcher, réaliser, à la force ses épaules, un marathon en moins de 2h30. Cela démontre une constance et une force de caractère admirables.
Là, Guillaume et Marco étaient impressionnés, même s’ils l’ont peu montré !
J’ acclamais, j’applaudissais…et pour être honnête, chers lecteurs, j’ai préféré assister à l’arrivée du marathon avec mes copines de l’an dernier : nous hurlions, nous acclamions, nous nous laissions porter par l’ambiance et l’émotion.
Ce matin, j’avais l’impression d’avoir deux robots à côté de moi qui manifestaient vraiment trop peu d’enthousiasme à mon goût!! Du coup, c’était moins drôle!!
Bon j’ai réfléchi et, en fait, je ne pourrai jamais courir un marathon car il faut être taillé comme une crevette (petite et avec un poids très léger)….Par contre, je pourrai peut-être envisager un semi marathon si je m’entraine régulièrement.
Prochaine course : en Février prochain , à quelques jours de ses 50 ans, Marco courra les 20 km de Raz Al khaimah !
A suivre…
Ben , je suis content , bravo , faudra simplement s’organiser la prochaine fois , et pense de manger un gros plat de macaroni la veille au soir
( al dente ) avec un peu de beurre et beaucoup de from rappé , d’avoir une bouteille d’eau en bandouliere , c’est tout ….
Une bouteille pleine bien sur , et la course est gagnée .
– un Ex champion du 1000 Mtrs en 1951 ( 1000 pas 10000 ) Euh … euh …. vous en avez couru 20. 000 Mtrs .
Bravo Aurore ! Tu n’as pas eu de bol avec les robots… Aaaaaaaaaaaah, si j’avais été là ! (sans doute pas grand chose, car je ne suis pas non plus très expansive.) Mais j’aurais adoré courir. Je suis fière de toi. (Et bravo à ton robot !)
Hello Papa,
« pense de manger un gros plat de macaroni la veille au soir » => cette fois, nous avions mangé un gros plat de pâtes la veille …des pâtes complètes en plus, donc avec un index glycémique trés bon !!
Et j’avais grignoté quelques dates avant de courir !
Cette fois, je pense que la fatigue est venue du slalom entre les nuls !!
MArco a trouvé cela trés éprouvant …Et pourtant, il a une meilleure condition physique que moi et plus d’expérience des courses.
@Laure : non mais je t’en prie! Ne me félicite pour ma performance qui n’en est pas une !!! Ca va m’énerver encore plus !
Pour le passage avec les robots, c’était étonnant! Généralement la répression émotionnelle ne me dérange pas du tout et j’apprécie vraiment la compagnie de ton mari et du mien ….Mais aujourd’hui, je les ai vraiment trouvé pas fun du tout !
A un moment, je disais mon admiration pour un gars qui terminait péniblement les 10 km : le pauvre gars était vieux et gros et il souffrait visiblement et faisait un effort surhumain pour terminer la course … J’ai alors dit :’ah lala, il est courageux ce gars! Il s’arrache vraiment!!’
La réponse des deux robots :’c’est surtout trés con et dangereux de courir dans cet état physique‘.
Pfft, j’étais dépitée !! 😉
Alors je retire mes félicitations ; tu as parfaitement raison : tu as été nulle. C’est une honte. Une honte !
Oui, j’imagine bien les commentaires des robots. J’ai eu un problème de cet ordre à Bombay, à propos de la pauvreté. C’est trop hard à raconter ici, mais tu connais déjà les grandes lignes…
Bises
Félicitations a tous les deux !
Quand je vois les réflexions des deux robots ça me fait penser a une série de beagles que j ai reçues ! Je te les envoies par mail.
Bises.
Hello A,
Felicitations pour la course mais pas pour le resultat donc!(je ne voudrais pas t’enerver)
Ceci dit, pas tres sympa de parler de » nuls » mme s’ils le sont…disons que se sont des debutants « es » course, qui se sont, peut etre , entraines durement pendant des semaines ou des mois sans avoir de supers capacites physiques et qui ont essaye de donner le meilleur d’eux meme! On est tjrs le moins bon de quelqu’un…
Amateurs? oui, mais ne l’etes vous pas tous dans cette couse de 10km?
Et le monsieur vieux et gras(mme si cela n etait pas tres prudent) avait le mme courage que celui en chaise roulante pour des raisons differentes…message a faire passer a tes 2 robots!
Je vais ranger mon cote St Bernard et aller taper qques balles de golf entre 2 averses(apres la centieme balle et malgre le temps pourri..on commence,aussi, a transpirer!)
Bises a ts
Hello les filles,
@Christiane : je sais que ce n’est pas sympa de traiter les coureurs de ‘nuls’. D’ailleurs, j’ai beaucoup de respect pour tous ceux qui s’arrachent pour essayer de réaliser un modeste exploit à leur niveau ou un dépassement de soi.
Toutefois, je qualifie, sans aucun remors, de ‘nuls’, les coureurs amateurs qui n’ont pas la jugeotte nécessaire pour penser qu’il y a plus de 5000 personnes derrière eux et que s’arrêter brutalement pour refaire son lacet ou marcher, c’est se mettre en danger et faire courir des risques aux personnes qui suivent !
Il me semble évident (et je sais que ce n’est pas une évidence pour tout le monde!!) de gérer sa trajectoire, dans un pareil évènement, afin de gêner le moins possible les autres participants, dont certains sont des amateurs quasiment professionels (je pense par exemple aux gars qui ont couru les 10 km en moins de 40 mn …. ILs me paraissent bien pros!)
PAr exemple, lorsque je me suis arrêtée pour boire, j’ai veillé à décélerer progressivement en me rangeant sur le trottoir afin de ne pas risquer une collision ou de pas gêner la personne derrière moi…
Sinon, je suis d’accord avec toi, Christiane, que le monsieur vieux et gras avait autant de courage, voir plus, que les marathoniens professionnels dont c’est le métier de courir …alors que ce monsieur a sans doute accompli son exploit de l’année…
Et effectivement, dans une 10 km, il n’y a que des coureurs amateurs. D’ailleurs même le marathon comptait peu de coureurs professionnels !!
@ Nie : ton mail m’a bien fait rigoler !! Je l’ai transmis à Laure !
Bises
Moi, je trouve que le simple fait de finir une course à nos ages canoniques et notre pratique de la course, ne mérite qu’une chose : BRAAAAAAVOOOOOOOOOOOOOOO !!
Hello Nat,
C’est drôle à aucun moment, je ne me suis dit que je pouvais ne pas terminer la course : ce n’était même envisageable !!
Toutefois, lorsque j’ai commencé à avoir mal au genou, il restait 2 ou 2,5 km et j’ai pensé : « étant donné la distance, même en rempant ou sur une jambe, je terminerai… »
Si je devais avoir une fierté sur le fait de terminer la course, je ne la placerais pas sur l’âge mais plutôt sur le poids => je suis assez fière de courir en n’étant pas un poids plume ou une petit crevette de 40 kg.
J’ai repris l’entrainement ce matin …. une petite course de 40 mn au bord de la plage …je n’avais pas courbature car, hier, RAvi m’a fait une séance de yoga axée sur la récupération des muscles! Génial !!!
bonne semaine à tous !
Big bisous