Dubaï vu par le Monde

L'article que je vous propose aujourd'hui est directement issu du Monde du 19/11/2007.
Quel monde étrange que celui dans lequel nous vivons: des syndiqués en France font la grève pour des raisons qui paraissent obscures et injustifées au reste du monde alors qu'ailleurs les syndicats n'existent pas et les grèves sont interdites !

"Ils ont repris le travail. Sous la menace, la contrainte, la peur. Sans rien savoir, pour la plupart, des gains obtenus à la suite de leur cinq, neuf, voire onze jours de grève sur les chantiers de construction de Dubaï. En soldats résignés ils ont remis leur uniforme de chantier pour ériger des tours toujours plus hautes et des marinas extravagantes. L'émirat et les promoteurs respirent. Mais pour les 700 000 ouvriers venus d'Inde, du Pakistan, du Bangladesh ou du Sri Lanka, les conditions de vie et de travail n'ont peu ou pas changé, justifiant, pour les associations des droits de l'homme, l'appellation d'"esclavage moderne".

Combien étaient-ils à faire grève ? Des dizaines de milliers sans aucun doute. Impossible d'avoir un chiffre précis. Etat et employeurs refusent toute communication sur les conflits en cours et l'absence de syndicats (interdits aux Emirats) renforce l'opacité du système. Tout juste le directeur général d'Arabtec, grosse entreprise de construction, a-t-il admis, le 12 novembre, que les 40 000 ouvriers de sa compagnie avaient repris le travail après l'obtention d'une "juste" augmentation de salaire pour compenser la faiblesse du dollar. La presse n'aide guère, qui se contente de relayer les communiqués de l'agence de presse officielle (WAM) ou de la police laquelle, la veille, annonçait l'expulsion de 200 grévistes, accusés d'avoir fomenté des violences.

L'article continue en présentant les conditions de travail et des exemples de travailleurs.
Ce qui est intéressant, à mon avis, c'est la fin de l'article qui montre un début de changement et la montée en puissance d'idées jugées "sulfureuses" jusqu'à présent.


"Les Emiratis savent ce qu'ils doivent à cette population immigrée qui construit leurs villes et rendent possible l'incroyable boom économique, analyse Sharla Musibih, qui a créé City of Hope, un abri pour les femmes en détresse. Mais ils sont aussi obsédés par le fait que les travailleurs immigrés forment plus de 85 % de la population et 99 % de la force de travail privée. Vous imaginez la dépendance de l'Etat à leur égard ? Sa peur d'une rébellion ?"

Alerté par le rapport accusateur publié en 2006 par l'organisation Human Rights Watch sur le sort des ouvriers de la construction, l'émir de Dubaï, le cheikh Mohammad ben Rachid Al-Maktoum, avait chargé son ministre du travail d'améliorer la situation. Peu de décisions avaient été suivies d'effet mais les grèves récentes ainsi que l'amnistie offerte pendant trois mois aux travailleurs illégaux, qui s'est traduite par plus de 171 000 départs du pays, ont inquiété le gouvernement et remis à l'ordre du jour deux revendications des ouvriers : la fixation d'un salaire minimal et l'autorisation de syndicats. Une idée jugée jusqu'ici sulfureuse mais à laquelle le ministre du travail, Ali ben Abdallah Al-Kaabi, vient soudainement d'affirmer n'être plus opposé. "En principe", a prudemment titré le quotidien Gulf News."

2 réflexions sur « Dubaï vu par le Monde »

  1. Ouah.. tu rencontres Nico !! Il parait qu’il vient à Dubaï en Janvier ! Si je le vois je lui dirais : « j’espère que vous aurez autant de couilles que Mrs Tacher »! Je pense que ca devrait le faire rire !!!

  2. Je dois rencontrer notre président qui est de passage à Pékin, lundi prochain, tu veux que je lui en touche un mot ?? Non sans rire, d’où nous sommes, les raisons pour lesquelles les travailleurs français font grève nous paraissent dérisoires et comparativement aux conditions de travail sous nos latitudes, une journée de travail en France, c’est le Club Med !!!
    Bizzz
    Isabelle

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