Ce matin, pour la première fois, j’ai mesuré le vide intersidéral laissé par celles que j’ai laissé derrière moi… À Dubaï !
Chère sorcière de Mimizan,
Tu fais partie de celles que j’ai rencontrées tardivement à Dubai… La dernière année!
Mais quelle rencontre : nos papotis de sorcières étaient exquis et nos animations d’atelier, un éphémère bonheur.
Ce matin, j’ai animé un atelier « naturellement BIOTUFUL ». Au-delà du plaisir de partager mon hobby avec mes nouvelles copines, j’ai pourtant mesuré le vide abyssal et l’infinie tristesse liés à ton absence.
Je savais que nous formions une bonne équipe… Mais je n’avais jamais mesuré à quel point !
Il y avait de la complémentarité, un respect mutuel, une immense confiance et tous les ingrédients qui font que nous trouvions notre espace, dans ces ateliers, dans une harmonie presque parfaite.
Animer sans toi a été épuisant car il n’y avait plus ces enchaînements faciles, cette complicité, ces petites pointes d’humour ponctuées d’éclats de rire alternées avec le sérieux et le professionnalisme que nous savons toutes les deux mettre dans nos réalisations.
En 2008, j’avais rencontré Amani, mon amie jordanienne avec qui j’avais animé des ateliers. J’y avais trouvé le même équilibre qu’avec toi… J’avais dû attendre 2011 pour croiser la route d’une autre sorcière… et c’était toi !
Bref, tout cela pour dire que je n’ai plus envie d’animer ces ateliers car ils font partie de ces choses que j’aime réaliser en équipe.
Et des équipiers dans ton genre, et bien on n’en croise pas tous les jours… C’est bien au-delà de l’amitié : c’est la certitude d’avoir trouvé l’équipier parfait, celui avec lequel on peut bosser en toute confiance.
J’aime ma vie d’expat parce qu’elle me permet de ne jamais sombrer dans la routine, parce qu’elle est riche de découvertes et de rencontres, parce qu’elle me permet d’apprendre en permanence.
Pourtant, ce vide que laissent certaines personnes derrière elles me pèse de plus en plus…
Ce matin, pour la première fois, j’ai vraiment réalisé le manque.
J’en suis ressortie drapée de tristesse parce que j’ai réalisé à quels points mes amies, laissées sur la route, avaient été importantes.
Particulièrement, celles avec qui j’avais des rituels bien établis : je me damnerai pour un masala dosa ou un guacamole avec Laure, dans nos deux restaurants fétiches où nous avons tant discuté.
Je donnerai beaucoup pour une séance matinale de yoga avec Ravi et Laure.
Je rêve d’une « tambouille cosméto » avec Pascale
Je regrette nos rendez-vous « Kids/piscine » avec Fatiha et la dînette improvisée autour de la même piscine.
Et ça serait cool de retrouver Sophie et Poonam pour une séance d’art and kraft.
Evidemment, je reviens bientôt vous voir… Mais je ne serai qu’une tourisme. Nous ne nous dirons pas : « bon la semaine prochaine, on fait l’Indien ou on change de restau ? »
On ne se lancera pas : »bon on se retrouve Mardi soir au bord de la piscine, j’apporte les légumes, tu apportes les spaghettis bolognaises« .
On ne se smsera pas : »au fait dés que tu reçois ta commande, on se refait une tambouille ».
On se dira peut-être « à cet été » ou on ne dira rien du tout parce qu’on déteste les aurevoirs… Alors on fera comme si on se revoyait demain….
Ainsi va la vie d’expat… et je n’ai plus qu’à me construire de nouveaux rituels… En Pologne.
Je crois que cette prise de conscience veut dire que je suis complètement installée à Varsovie.
Bon sang les filles, qu’est ce que vous manquez !!
Aurore : tu me manques aussi. Et en fait, je ne vais plus guère au restau (si, parfois avec un bouquin, mais les livres n’ont pas ton répondant…)
Ah, ces chocs culturels… il y fait froid, il y pleut et ce n’est pas du tout la même façon de vivre, mais la Pologne a aussi ses bons côtés, il faut savoir les découvrir 😆
Bon courage !