Au Sud de Sur (prononcez « sour ») s’étend un no man’s land : des paysages arides entrecoupés de petits villages, parfois sans eau et électricité.
Après plusieurs kilomètres au travers de cet étrange paysage lunaire, nous sommes engin arrivés à Raz Al Jinz : le lieu ponte le plus important de l’Océan Indien pour les tortues vertes.
Leur plage est protégée par le gouvernement et il faut une autorisation pour y accéder. Chaque jour, seulement 100 personnes sont autorisées à pénétrer dans l’enceinte sacrée.
Peu d’endroits sont disponibles pour séjourner prés du lieu de ponte :
- un camp (assez sordide) de cahutes en paille (pas cher …mais je vous le déconseille par temps très chaud);
- ou bien le Turtle Beach Hotel perdu sur une petite lagune turquoise, sans piscine ni infrastructure élaborée mais propre et à 10 km du centre d’observation des tortues;
- Le Sur plaza est également disponible à Sur (soit 60 km du centre d’observation) et je vous le déconseille vivement.
Nous y avons passé notre première nuit : une horreur en centre ville, tenue par des Indiens (= crasseux, aucune maintenance, fils électriques à nus, service lent et déplorable…bref un service à l’indien de Bangalore , pas à l’indien de Dubaï !
La piscine était en maintenance avec des fils électriques à nus, des gravas, des clous rouillés, etc…. et lorsque je suis allée faire un scandale à la réception, le manager m’a soutenu que je pouvais quand même me baigner avec les enfants… Bref toute la mauvaise foi indienne : y’a pas de problème ! Le problème n’existe pas …difficile donc de le résoudre !!
Bref, en cherchant notre second hôtel, nous nous sommes perdus prés de l’observatoire des tortues et avons découvert de superbes paysages avant de tomber sur des camions et pelleteuses en train de déblayer des tonnes de terre. Nous nous sommes interrogés sur la nature de ces travaux.
Et puis, au détour d’un minuscule village composé de quelques cahutes en bois, après être passés devant des femmes voilées attendant le pick up (parce qu’il n’y a pas de bus !!), nous avons découvert l’horrible vérité : la construction d’un aéroport !!!
Il n’y a pas de doute : l’homme a une formidable capacité à détruire sa planète pour l’appât du gain. Ce coin de nature, authentique et préservé sera bientôt envahi de cohortes de touristes.
Venir à Sur aujourd’hui, cela se mérite : il faut d’abord aller à Muscat, puis emprunter une route avec peu de panneaux (heureusement que nous avions le GPS), puis se perdre dans le no man’s land pour enfin trouver, par hasard, le centre d’observation des tortues. Les conditions d’hébergement relativement douteuses et la distance arrêtent probablement de nombreux touristes.
Que va-t-il se produire lorsque l’aéroport sera ouvert …à moins d’un kilomètre d’une réserve naturelle ? Les promoteurs vont arriver, s’emparer pour quelques OMR (omani rials) de terrains et construire des hôtels et des « resorts », déversant leur pollution dans les environs, c’est-à-dire dans la mer !
Les tortues, espèce protégée, se feront de moins en moins nombreuses et la pollution contribuera sans doute à les faire disparaître plus rapidement.
Nous avons eu la chance de connaître cet endroit avant l’arrivée en masse du tourisme. Un jour, peut-être, Tristan reviendra, dans 20 ou 30 ans, et il constatera, avec consternation les changements…..probablement avec la même consternation que celle que j’ai ressenti à Bali en 2006…alors que j’avais connu l’île entre 1976 et 1986.