Souvenirs, souvenirs….

Les épousailles de Sophie et Jérôme Dans trente minutes, ma petite cousine, Sophie, entrera à l’Eglise pour se marier…. Et moi, je suis à Dubaï…. Je n’ai pas mon passeport qui erre dans les arcanes de l’administration, dans l’attente du renouvellement de notre visa.
Ca fait partie des moments désagréables de l’expat : être loin de ceux qu’on aime aux moments importants de leur vie.

Sophie, ma petite cousine, a partagé mon enfance lorsque je rentrais en France, tous les étés.
Elle a six ans de moins que moi et pourtant, nous avons beaucoup joué ensemble.
Je n’ai pas eu de sœur et si je devais en choisir une …et bien, ça serait Sophie, ma cousine.
Comme j’étais féministe précoce et qu’elle était une fille, elle avait le privilège suprême d’accéder au grenier, contrairement à mon frère et à mes cousins à qui nous livrions une guerre de territoire sans merci !

Le grenier est un endroit mythique dont se souviennent tous les enfants qui ont croisé ma route, l’été en France. Le grenier a été mon territoire tout au long des années, pendant des étés entiers.
Nous habitions alors une vieille maison de maître, au diable Vauvert,

construite sur un cimetière. La maison comportait plusieurs dépendances : une chaudière dans laquelle, parait-il, un enfant avait été enterré et une bâtisse qui servait de garage et d’atelier. Au dessus de cette bâtisse s’étendait un immense grenier, très vieux, très poussiéreux, bien plus beau que tous les décors d’Harry Potter.
C’était un vieux grenier, à l’ancienne, comme dans les fermes. On y accédait par une trappe et un escalier en bois. Un immense trou dans le mur (pour monter le foin) dominait la cour intérieure ; un système de poulie était installé, qui m’a permis, bien des fois, de monter des trésors dans ce grenier. Un stock de bois croupissait dans le fond. Une souris, que j’avais presque apprivoisée y habitait.
Le grenier était superbement décoré : une dînette, des vieux coussins, des tissus délavés, des jouets agrémentaient cette salle de jeux garnies de toiles d’araignées. Ma tante esthéticienne (la mère de Sophie) m’avait donné plein de présentoirs et de maquillages qui complétaient l’exquise décoration d’un autre siècle.
J’ai toujours été persuadée qu’il y avait un trésor… Nous ne l’avons jamais trouvé ! Ce n’est pas faute d’avoir cherché.
Peu de personnes étaient autorisées à pénétrer dans cet antre magique. Généralement les filles pouvaient y venir mais elles devaient passer un rituel initiatique.

Sophie raconte parfois que je l’ai terrorisée quand elle était enfant. Et notamment, qu’elle devait séjourner dans le noir pendant de longues minutes dans la chaudière hantée avant d’avoir le droit de pénétrer sur le territoire magique : le grenier. C’est vrai !
Elle raconte aussi, qu’un jour, je lui ai fait manger une mouche. Pour la postérité et pour notre descendance, je tiens à dire que c’est faux !! Je n’ai jamais fait manger de mouche à ma cousine ! Simplement, un jour, j’avais acheté un ‘sucre avec mouche intégrée’ dans un magasin de farces et attrapes… Et Sophie avait les frais de ma mauvaise blague.
Son imaginaire de petite fille a sans doute transformé la mouche en plastique en véritable mouche.

Bref, les années passants, Sophie est restée proche de moi. Nous partageons le goût des voyages, de la plongée, de l’Inde ; nous avons eu le même métier. Et malgré l’éloignement, la complicité de l’enfance est toujours là, à chaque rencontre.

Au moment même où j’ai fini d’écrire ce texte, Sophie doit être en train d’arriver à l’Eglise.

Sophie, je ne suis pas avec toi à Gageron mais je suis avec toi en pensées. J’ai ton faire-part indien devant moi (que j’adore et que je vais faire encadrer) : j’aime beaucoup ce dessin qui vous ressemble tellement !

Je ne suis pas avec toi mais je vais suivre pas à pas le déroulement de la soirée, en pensées.

Je pense à toi, je pense à Jérôme, je pense à toute la famille réunie …..Et je vous embrasse très très très très très fort !

6 réflexions sur « Souvenirs, souvenirs…. »

  1. Salut,

    « Son imaginaire de petite fille a sans doute transformé la mouche en plastique en véritable mouche. »
    Et pourquoi ne serait-ce pas ton déni de 8 qui aurait transformé la véritable mouche en mouche en plastique ?

    De toute façon, une véritable mouche, cela fait au moins une ration de protéines !

    Bises, Fabien

  2. souvenir souvenir! moi j ai ceux des dimanches et vacances passes chez ma grand mere( a la campagne, 3000m2 de terrain et surtout un bois pas loin avec les tombeaux des seigneurs du chateau voisin! de quoi nourrrir notre imaginaire..) avec ma soeur ainee et nos 2 cousins…je ne sais pas si ma grand mere s en souvient( elle a 106 ans) mais ns la faisions tourner en bourrique surtout le soir qd ns allions rejoindre les garcons dans leur chambre( en faisant craquer le parquet) afin de parler, rigoler, jouer au fantome pendant que la malheureuse essayait de dormir. Je regrette que mes enfants n aient pas connu la mme chose( j ai ete la premiere des 3 soeurs a avoir des enfants et mes neveux et niece sont nes bien trop tard pour creer de veritables liens). Le temps a passe, un est mort et l autre est loin…mais ns avons tjrs plaisir a nous rappeler,avec ma soeur, les blagues et les betises de cette epoque.

  3. Coucou Aurore,
    J’ai aussi une jeune cousine qui a le temps des vacances remplacé une sœur que je n’ai jamais eue.
    Nous avons vécus ensemble des choses merveilleuses qui ressemblent à ton enfance.
    Nos grands tante et oncle habitaient une vielle maison où ma mère y est née. Elle nous a raconté qu’elle avait vu, petite, un coffre rempli de Louis d’or. Nous avons eu beau chercher tous les été, sans succès. Mais une chasse au trésor, il n’y a rien qui soit plus existant!
    N’étant pas du même caractère que le tiens, je ne l’ai jamais (gentiment) torturé comme toi…quoique je me souviens d’une araignée en plastique très réaliste qui faisait son effet!
    Par contre nous partions en bande nous balader en forêt et elle nous a toujours courageusement suivi.

    Tu as raison, la famille c’est formidable et ces souvenirs d’enfance sont irremplaçables.

    Je comprends à quel point ta cousine te manque.

    Biz
    Jannik

  4. Coucou Jannik,

    Je découvre seulement ton commentaire aujourd’hui qui avait été filtré et était enregistré, pour une raison que j’ignore, en Sp*m.

    Je déplore souvent de ne pas avoir une maison de famille où mes enfants pourront se créer de tels souvenirs….avec des greniers, des trésors enfouis, leurs cousins et leurs cousines.

    Quoique Tristan a un imaginaire tellement riche que je le vois souvent combattre les dragons et les ‘méchants’ imaginaires dans le jardin ou sur la placette en face de chez nous.
    Je regrette toutefois qu’il ne voit pas plus ses cousins/cousines l’été.

    Bises
    Aurore

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